"Une route à deux chaussées
séparées dans une emprise minimale" :
La rocade d'Albi ne fait pas la largeur requise et compte tenu de sa
configuration, il est impossible de l'élargir. Faire passer le trafic
autoroutier sur la rocade, c'est le faire passer dans un goulot d'étranglement
de 10 km de long.
"Séparation des échangeurs
d'environ 10 km" :
La rocade d'Albi portera 8 échangeurs sur 10 km, et la sortie
de certains échangeurs sera à seulement 500 m de l'entrée
de l'échangeur suivant, provoquant ainsi le dangereux effet "baïonnette"
où les véhicules qui entrent coupent la route à ceux
qui sortent .
"Absence de superposition des
trafics lent et rapide car l'écart de vitesse est source d'accidents"
:
Sur la rocade, le trafic autoroutier et de transit (rapide et pressé)
se mélangera au trafic local (lent et indécis). De plus,
le transport des matières dangereuses en transit doit éviter
les zones urbanisées.
L'analyse du collectif
Réflexion préalable
:
Le droit au transport et à la libre circulation en toute sécurité
doivent être respectés et correctement évalués.
On ne transporte pas les marchandises de la même manière que
les individus. Les réflexions sur le cadre de vie et l’économie
sont totalement dépendantes de la circulation des personnes dans
l’agglomération. Il faut donc définir ce qui doit passer
dans l’agglomération et ce qui doit passer hors de l’agglomération
: cette question doit être appréhendée globalement.
L’observation du tracé de la rocade d’Albi indique facilement
l’origine des problèmes actuels. La rocade a été conçue
comme un contournement d’Albi. En 1974, la question était déjà
posée : contourner à l’Est ou au Nord-Ouest ? L’objectif
de cette rocade était à l’époque de détourner
du centre ville tout le trafic de transit. Petit à petit la rocade
est devenue aussi un boulevard interquartier. Mais elle n’est pas construite
comme un boulevard. Elle manque de lisibilité, et incite à
la vitesse. Son aménagement ne doit plus privilégier le trafic
de transit qui y est aujourd’hui de trop. Le contournement Nord-Ouest
d'Albi est devenu urgent.
Circulation et sécurité routière : des faits.
L’augmentation du trafic :
Depuis l’ouverture de la A68, on observe une augmentation du trafic
de 12 à 15 % par an (voir le journal Diagonale n° 21 de juillet
1999 et le dossier d’enquête sur le contournement de Carmaux). C’est
le trafic de transit qui explose littéralement puisqu’en 1996 il
ne représentait que 14 % du trafic total alors qu’il en représente
aujourd’hui 30 % sur la rocade et bien plus sur la RN88 à Lescure
(voir le dossier d’enquête sur le contournement de Carmaux). Enfin,
nous notons que 53 % des poids lourds empruntant la rocade sont des véhicules
en transit (un poids lourd développe 7 à 10 fois plus de
nuisances qu’une automobile).
Cette situation entraîne et provoque un afflux non maîtrisable de véhicules, non seulement sur la rocade, mais aussi sur l’ensemble de la voirie albigeoise et notamment en centre ville.
Abandon du fret, augmentation du trafic de 30%
ces 5 dernières années
Mélange des trafics :
Comme il est indiqué dans le Diagnostic de la voirie structurante
de juin 1996 (p. 27) la question de la cohabitation des trafics de transit
et interne à l’agglomération est posée. Le mélange
des trafics rapide (transit) et lent (local) est reconnu comme nuisible
à la sécurité routière (voir les recommandations
du CERTU ou le dossier d’enquête d’utilité publique Albi –
Séverac le Château 1996 : p. 14). L’augmentation du trafic
de transit aggrave chaque jour les problèmes de cohabitation des
deux types de trafic. Le seuil de tolérance sera rapidement atteint.
L’aménagement en 2x2 voies fera apparaître un nouveau problème
: la voie de gauche sera rapidement consacrée au trafic rapide alors
que la voie de droite sera réservée au trafic local. Le danger
survient ensuite lorsque la saturation des sorties conduit les automobilistes
à passer de la voie de droite (lente) à la voie de gauche
(rapide) dans des conditions très dangereuses (la rocade express
de Lorient peut être prise en exemple).
Les accès :
Compte tenu des chiffres de trafic, la RN88 (de Marssac au Garric)
doit être aménagée en boulevard urbain. La fréquence
des zones d’échanges est indispensable, mais sur une voie rapide
(de type 2x2 voies), elles est source d’insécurité. Sur l’ancien
DVA, entre Marssac et L’Hermet nous comptabilisions 11 échangeurs
sur 16 km, (Marssac, Terssac, Fonlabour, Le Séquestre, rte de Castres,
Le Lude, rte de Teillet, rte de Millau et de la Renaudié,
Le Gô, L’Albarède, L’Hermet) soit 1 échangeur tout
les 1,4 km. C’est contraire à la recherche de la sécurité,
c’est contraire aux recommandations du Ministère. Parallèlement,
dans les entrées de ville historique sur la RN 112 et la RN88 à
Lescure, des giratoires sont construits pour matérialiser l’entrée
de ville et sécuriser les accès. Cette solution généralisée
dans les entrées de toutes les villes, peut être appliquée
au tronçon Marssac – Le Séquestre. Elle permettra une sécurisation
des accès et des giratoires supplémentaires peuvent même
être envisagés afin d’assurer au mieux les besoins d’échanges
en toute sécurité et sans nuire à la fluidité
de la circulation.
Les vitesses pratiquées :
Quels que soient les tronçons observés, les problèmes
de sécurité sont surtout liés au non respect des limitations
de vitesse. Certains arguments avancés pour les aménagements
aux normes express montrent que l’on confond fluidité du trafic
et vitesse. L’aménagement en 2x2 voies express de Marssac au
Garric ne peut conduire qu’à la réalisation d’un couloir
« autoroutier » urbain sur 20 km. La limitation à 90
km/h ne sera jamais respectée. Les tronçons à 2x2
voies déjà existants en témoignent par leur dangerosité
permanente.